En se réveillant dans l’obscurité, il réalisa que les hommes noirs étaient revenus… Cela faisait si longtemps ! Leur souvenir enfoui ressurgissait comme un corps rendu par la mer. Quel âge avait-il alors ? Huit ou neuf ans ? Après le coucher, il aimait lire un peu, jusqu’au moment où sa mère venait lui demander d’éteindre sa lampe de chevet : « Il y a école, demain ! ».
Tant qu’il continuait à entendre ses parents évoluer dans la maison, et le son de la télévision en sourdine, le monde se montrait rassurant. Mais le film du soir terminé, à coté, le poste se taisait. Le silence et la porte close le coupaient du décor familier, l’enfermaient dans sa chambre envahie de ténèbres. L’atmosphère, insidieusement, changeait, la terreur s’infiltrait dans tout son être, et il n’arrivait pas à s’endormir. Il savait que les hommes noirs se tenaient dans la nuit, il sentait leur présence. Qui étaient-ils ? Son esprit d’enfant ne pouvait les définir. Des gens tout vêtus de noir, debout dans la chambre, hiératiques, qui le contemplaient sans dire un mot, ce qui le terrifiait particulièrement. Des monstres grimaçants, hurlants, bondissants, auraient été effrayants, mais moins que cette horreur indéfinissable, causée par l’immobilité et le mutisme de ces silhouettes, aux regards posés sur lui. Réminiscences du feuilleton Belphégor, qui lui avait fait si peur autrefois ? Les hommes noirs l’entouraient, voulaient le prendre, l’emporter dans la nuit éternelle, et il ne reverrait jamais la lumière du jour, le soleil à travers les volets… Le seul moyen de leur échapper, c’était de ne plus bouger lui non plus, de rester là, les yeux fermés, de ne même pas se retourner dans le lit : il devenait alors invisible, imperceptible pour ses ennemis, qui ne se saisissaient pas de lui. Au bout d’un moment, le sommeil miséricordieux apaisait ses angoisses et l’emmenait vers un nouveau matin, où les terreurs nocturnes n’avaient plus de consistances… Jusqu’au soir !
Impossible de se rappeler combien de temps avaient duré ces affres nocturnes, mais elles s’étaient effacées de sa mémoire, remplacées par l’image d’une enfance heureuse et insouciante, paradis perdu pour les adultes. La vie amenait son lot de problèmes et d’inquiétudes. Il lui arrivait de passer des mauvaises nuits, à cause de choses bien concrètes et matérielles. Ses angoisses concernaient l’avenir, le travail, ses amours, sa santé… jamais plus d’hypothétiques fantômes !
Et pourtant, voila que tout réapparaissait, surgi brutalement du passé.
C’était bien aujourd’hui un adulte, qui se trouvait couché dans la nuit, à nouveau terrifié par les hommes noirs qui s’y cachaient, figés et silencieux. Il ne prit pas la peine de se demander ce que signifiait leur retour. Il devait se comporter comme autrefois, garder les yeux fermés, ne plus faire un geste, attendre…
Pour la première fois, un homme noir parla, s’adressant à l’assemblée :
— Mesdames-Messieurs, nous allons maintenant procéder à la fermeture du cercueil…
LA ZONE -
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Darkside : Non, lapinchien, malgré le titre, ce n'est pas un texte raciste, même au seconde degré !
lapinchien : Haut les mains ! Fais pas le con ! Tu es cerné par le GIGN de la Zone !
Darkside : Rien à voir avec "Les Filles de Madame Zélie". Cette fois, vous avez de la chance, c'est très court. C'est paru aussi, dans une anthologie de micro-nouvelles chez Rivière Blanche (...)
lapinchien : Ta gueule, Darkside ! Ta gueule ! Pose ton arme, bordel ! T'es dans notre ligne de mire ! Libère le champ d'introduction du texte !
Darkside : (...) mais j'ai pas de contrat d'exclusivité avec eux et comme Rivière Blanche (...)
lapinchien : Attendez les gars ! Ne tirez pas ! Il a pris la grande littérature en otage !
Darkside : (...) ne vend plus de livres et que plus personne ne lit les textes de La Zone, ce (...)
lapinchien : Rends-nous la littérature, Darkside ! Joue pas au con avec moi, tu sais parfaitement que tu vas perdre en plus.
Darkside : (...) n'est pas gênant !
lapinchien : Je t'assure qu'on s'en bat les steaks de ce que tu déblatères. Libère la grande littérature sur le champ ! La Zone n'est pas une putain de tribune libre et...
Darkside : Et en vrai, c'est une de mes rares productions (...)
lapinchien : (...) foutu métier à la con, les amis...
Darkside : (...) qui puissent être dans le ton de La Zone.
lapinchien : Bon shootez-le, les gars ! De toute façon, y a vraiment plus rien de bon à en tirer... et si vous flinguez la grande littérature au passage, ben c'est pas grave parce que l'enfoiré l'avait déjà buttée avant d'en simuler la prise d'otage !
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SECTOR CLEAR, les amis. OVER.
Elle est bien !
Bon, il est vrai.
Je ne m'attendais pas à la chute et je me suis donc dit "bon sang mais c'est bien sûr" en me claquant le front du plat de la main. C'est tout de même un peu court, ça manque de relecture et de filles. Pourquoi que des "hommes noirs" à un enterrement ?
Mais pas mal du tout.
Dirait. Oups!
Elle est courte, mais, elle est bonne!
Lapinchien, si tu trouves que c’est trop court, c’est que tu n’as pas su t’y prendre pour le développer plus !
Enfin je dirais, c’est court mais c’est raide…
Bon.
Cette histoire a été écrite en premier pour un concours de textes courts sur un forum que je co-administrais, donc limité en signes. Je suis parti de souvenirs d’enfance, cette peur du noir que j’ai symbolisé par ces « hommes noirs », mais à l’époque les présences maléfiques que j’imagine n’avaient pas représentations particulières. J’ai parlé d’hommes noirs en référence à Bélphegor, qui me terrifiait aussi dans mon enfance, pour finir sur une angoisse plus adulte, d’où les derniers mots.
Y a des pilules bleues pour l'élargissement pénien des textes, tu savais pas ?
Ce sont les commentaires que tu prends en otage après l'introduction, vraiment ?
Quand on a une petite bite, c'est justement
l'introduction qui pose problème !
(Et voilà, j'ai encore fait un jeux de mots, chui un rebelle, moi !)
Bon, je l'ai lu, celui-là, parce qu'il est court, comme ma capacité d'attention digne d'une mouche bleue.
C'est sympa, mais j'aurais appelé ça, à titre personnel : §§§ATTENTION SPOILERS§§§ Quatre indiens et un enterrement.
Mais je suis nul, pour les titres.
Sinon, la description de l'hallucination hypnagogique est crédible. Quelque part, ça sent le vécu et l'hygiène de vie déplorable. Parce qu'on rêve beaucoup plus, quand on fait n'importe quoi avec sa santé mentale et corporelle (les deux se conjuguent, n'en déplaise aux charlatans qui se prétendent Lacaniens ou Freudologues).
@Darkside : L'asile psychiatrique où tu bossais c'était les Grosses Têtes sur RTL ? Tu t'entendrais bien avec Castor Tillon qui est un putain d'attentat ambulant à l'humour.
@Clacker : Quand tu sais pas pour un titre de texte, colles-y un "à titre personnel", t'es sûr de jamais te gourer. Sinon j'ai l'impression que t'as encore joué avec Youki au scrabble tout le weekend en OFF. Y a comme des séquelles dans ton dernier post.
Pour les titres, "Le ciel en est témoin", ça marche avec tout.
Et dans la foulée, après ce titre, on peut les signer JW pour avoir d'emblée une petite fanbase pour les écouler.
Claker : il ne s'agit pas d'hallucination hypnagogique, juste d'angoisses d'un gamin qui imagine des présences terrifiantes dans le noir (je devais avoir 8 ou 9 ans)
Lapinchien : "l'asile" , c'est un peu dépassé, heureusement ! J'ai bossé sept en hôpital et le reste en CMP, où on soigne les patients sur la ville. Les Grosses Têtes et RTL, c'est trop intello pour moi !
@Darkside : Je fais des demandes d'asile, pourtant.
@Clacker : J'ai des pollutions nocturnes hypnagogiques, c'est juste une façon sophistiquée de parler de cartes de France ?