Espace HONTEUSEMENT détourné par Darkside pour nous raconter sa vie :
Darkside : Non, lapinchien, malgré le titre, ce n'est pas un texte raciste, même au seconde degré !
lapinchien : Haut les mains ! Fais pas le con ! Tu es cerné par le GIGN de la Zone !
Darkside : Rien à voir avec "Les Filles de Madame Zélie". Cette fois, vous avez de la chance, c'est très court. C'est paru aussi, dans une anthologie de micro-nouvelles chez Rivière Blanche (...)
lapinchien : Ta gueule, Darkside ! Ta gueule ! Pose ton arme, bordel ! T'es dans notre ligne de mire ! Libère le champ d'introduction du texte !
Darkside : (...) mais j'ai pas de contrat d'exclusivité avec eux et comme Rivière Blanche (...)
lapinchien : Attendez les gars ! Ne tirez pas ! Il a pris la grande littérature en otage !
Darkside : (...) ne vend plus de livres et que plus personne ne lit les textes de La Zone, ce (...)
lapinchien : Rends-nous la littérature, Darkside ! Joue pas au con avec moi, tu sais parfaitement que tu vas perdre en plus.
Darkside : (...) n'est pas gênant !
lapinchien : Je t'assure qu'on s'en bat les steaks de ce que tu déblatères. Libère la grande littérature sur le champ ! La Zone n'est pas une putain de tribune libre et...
Darkside : Et en vrai, c'est une de mes rares productions (...)
lapinchien : (...) foutu métier à la con, les amis...
Darkside : (...) qui puissent être dans le ton de La Zone.
lapinchien : Bon shootez-le, les gars ! De toute façon, y a vraiment plus rien de bon à en tirer... et si vous flinguez la grande littérature au passage, ben c'est pas grave parce que l'enfoiré l'avait déjà buttée avant d'en simuler la prise d'otage !
*PAN* *PAN PAN* *PAN* *PANPANPAN*
Darkside : Non, lapinchien, malgré le titre, ce n'est pas un texte raciste, même au seconde degré !
lapinchien : Haut les mains ! Fais pas le con ! Tu es cerné par le GIGN de la Zone !
Darkside : Rien à voir avec "Les Filles de Madame Zélie". Cette fois, vous avez de la chance, c'est très court. C'est paru aussi, dans une anthologie de micro-nouvelles chez Rivière Blanche (...)
lapinchien : Ta gueule, Darkside ! Ta gueule ! Pose ton arme, bordel ! T'es dans notre ligne de mire ! Libère le champ d'introduction du texte !
Darkside : (...) mais j'ai pas de contrat d'exclusivité avec eux et comme Rivière Blanche (...)
lapinchien : Attendez les gars ! Ne tirez pas ! Il a pris la grande littérature en otage !
Darkside : (...) ne vend plus de livres et que plus personne ne lit les textes de La Zone, ce (...)
lapinchien : Rends-nous la littérature, Darkside ! Joue pas au con avec moi, tu sais parfaitement que tu vas perdre en plus.
Darkside : (...) n'est pas gênant !
lapinchien : Je t'assure qu'on s'en bat les steaks de ce que tu déblatères. Libère la grande littérature sur le champ ! La Zone n'est pas une putain de tribune libre et...
Darkside : Et en vrai, c'est une de mes rares productions (...)
lapinchien : (...) foutu métier à la con, les amis...
Darkside : (...) qui puissent être dans le ton de La Zone.
lapinchien : Bon shootez-le, les gars ! De toute façon, y a vraiment plus rien de bon à en tirer... et si vous flinguez la grande littérature au passage, ben c'est pas grave parce que l'enfoiré l'avait déjà buttée avant d'en simuler la prise d'otage !
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En se réveillant dans l’obscurité, il réalisa que les hommes noirs étaient revenus… Cela faisait si longtemps ! Leur souvenir enfoui ressurgissait comme un corps rendu par la mer. Quel âge avait-il alors ? Huit ou neuf ans ? Après le coucher, il aimait lire un peu, jusqu’au moment où sa mère venait lui demander d’éteindre sa lampe de chevet : « Il y a école, demain ! ».
Tant qu’il continuait à entendre ses parents évoluer dans la maison, et le son de la télévision en sourdine, le monde se montrait rassurant. Mais le film du soir terminé, à coté, le poste se taisait. Le silence et la porte close le coupaient du décor familier, l’enfermaient dans sa chambre envahie de ténèbres. L’atmosphère, insidieusement, changeait, la terreur s’infiltrait dans tout son être, et il n’arrivait pas à s’endormir. Il savait que les hommes noirs se tenaient dans la nuit, il sentait leur présence. Qui étaient-ils ? Son esprit d’enfant ne pouvait les définir. Des gens tout vêtus de noir, debout dans la chambre, hiératiques, qui le contemplaient sans dire un mot, ce qui le terrifiait particulièrement. Des monstres grimaçants, hurlants, bondissants, auraient été effrayants, mais moins que cette horreur indéfinissable, causée par l’immobilité et le mutisme de ces silhouettes, aux regards posés sur lui. Réminiscences du feuilleton Belphégor, qui lui avait fait si peur autrefois ? Les hommes noirs l’entouraient, voulaient le prendre, l’emporter dans la nuit éternelle, et il ne reverrait jamais la lumière du jour, le soleil à travers les volets… Le seul moyen de leur échapper, c’était de ne plus bouger lui non plus, de rester là, les yeux fermés, de ne même pas se retourner dans le lit : il devenait alors invisible, imperceptible pour ses ennemis, qui ne se saisissaient pas de lui. Au bout d’un moment, le sommeil miséricordieux apaisait ses angoisses et l’emmenait vers un nouveau matin, où les terreurs nocturnes n’avaient plus de consistances… Jusqu’au soir !
Impossible de se rappeler combien de temps avaient duré ces affres nocturnes, mais elles s’étaient effacées de sa mémoire, remplacées par l’image d’une enfance heureuse et insouciante, paradis perdu pour les adultes. La vie amenait son lot de problèmes et d’inquiétudes. Il lui arrivait de passer des mauvaises nuits, à cause de choses bien concrètes et matérielles. Ses angoisses concernaient l’avenir, le travail, ses amours, sa santé… jamais plus d’hypothétiques fantômes !
Et pourtant, voila que tout réapparaissait, surgi brutalement du passé.
C’était bien aujourd’hui un adulte, qui se trouvait couché dans la nuit, à nouveau terrifié par les hommes noirs qui s’y cachaient, figés et silencieux. Il ne prit pas la peine de se demander ce que signifiait leur retour. Il devait se comporter comme autrefois, garder les yeux fermés, ne plus faire un geste, attendre…
Pour la première fois, un homme noir parla, s’adressant à l’assemblée :
— Mesdames-Messieurs, nous allons maintenant procéder à la fermeture du cercueil…
Tant qu’il continuait à entendre ses parents évoluer dans la maison, et le son de la télévision en sourdine, le monde se montrait rassurant. Mais le film du soir terminé, à coté, le poste se taisait. Le silence et la porte close le coupaient du décor familier, l’enfermaient dans sa chambre envahie de ténèbres. L’atmosphère, insidieusement, changeait, la terreur s’infiltrait dans tout son être, et il n’arrivait pas à s’endormir. Il savait que les hommes noirs se tenaient dans la nuit, il sentait leur présence. Qui étaient-ils ? Son esprit d’enfant ne pouvait les définir. Des gens tout vêtus de noir, debout dans la chambre, hiératiques, qui le contemplaient sans dire un mot, ce qui le terrifiait particulièrement. Des monstres grimaçants, hurlants, bondissants, auraient été effrayants, mais moins que cette horreur indéfinissable, causée par l’immobilité et le mutisme de ces silhouettes, aux regards posés sur lui. Réminiscences du feuilleton Belphégor, qui lui avait fait si peur autrefois ? Les hommes noirs l’entouraient, voulaient le prendre, l’emporter dans la nuit éternelle, et il ne reverrait jamais la lumière du jour, le soleil à travers les volets… Le seul moyen de leur échapper, c’était de ne plus bouger lui non plus, de rester là, les yeux fermés, de ne même pas se retourner dans le lit : il devenait alors invisible, imperceptible pour ses ennemis, qui ne se saisissaient pas de lui. Au bout d’un moment, le sommeil miséricordieux apaisait ses angoisses et l’emmenait vers un nouveau matin, où les terreurs nocturnes n’avaient plus de consistances… Jusqu’au soir !
Impossible de se rappeler combien de temps avaient duré ces affres nocturnes, mais elles s’étaient effacées de sa mémoire, remplacées par l’image d’une enfance heureuse et insouciante, paradis perdu pour les adultes. La vie amenait son lot de problèmes et d’inquiétudes. Il lui arrivait de passer des mauvaises nuits, à cause de choses bien concrètes et matérielles. Ses angoisses concernaient l’avenir, le travail, ses amours, sa santé… jamais plus d’hypothétiques fantômes !
Et pourtant, voila que tout réapparaissait, surgi brutalement du passé.
C’était bien aujourd’hui un adulte, qui se trouvait couché dans la nuit, à nouveau terrifié par les hommes noirs qui s’y cachaient, figés et silencieux. Il ne prit pas la peine de se demander ce que signifiait leur retour. Il devait se comporter comme autrefois, garder les yeux fermés, ne plus faire un geste, attendre…
Pour la première fois, un homme noir parla, s’adressant à l’assemblée :
— Mesdames-Messieurs, nous allons maintenant procéder à la fermeture du cercueil…