Voici une courte histoire de l’art comme histoire des trous sans renonciation.
Chacun se souvient de Mosca la mouche aux mille regards qui perce sous les traits de la peinture. Mouche indéfinie mais présupposée comme objet privilégié de l’artiste, ou d’une partie d’icelui, comme le trou qu’il soit du cul ou non. On remarquera qu’il n’existe pas de pluriel, personne dans l’art de la représentation n’a jamais dit : Les mouches. Ou décliné Mosca, Moscou, Moscul, Moncul ! Quoi qu’il en soit une mouche n’est pas de nature différente d’une autre mouche comme un muscle bandé est quasiment identique à un autre muscle bandé. Par ailleurs, le peintre-tueur lorsqu’il entreprend d’irriguer sa toile de sang, choisit toujours la reine Mosca comme guide ou interprète. C’est une question d’aspect continu et discontinu. Une question centrale de l’esthétique, une question de prise de vue. Et aussi une question de goût. Le sang a le goût du métal. Mais couchée sur le dos, une mouche a également ce même goût, proche du bois pétrifié (quand il est en mesure de s’aplatir comme elle le fait montrant son ventre noir au spectateur). Maintenant, peindre-tuer avec cette lucidité désaxée dans le même temps la Mosca et un muscle bandé est une preuve de virtuosité incomparable aux yeux de l’histoire. Qu’on imagine, un artiste, un gobelet à la main, à l’intérieur duquel un peu de peinture noire sèche.
Chacun se souvient de Mosca la mouche aux mille regards qui perce sous les traits de la peinture. Mouche indéfinie mais présupposée comme objet privilégié de l’artiste, ou d’une partie d’icelui, comme le trou qu’il soit du cul ou non. On remarquera qu’il n’existe pas de pluriel, personne dans l’art de la représentation n’a jamais dit : Les mouches. Ou décliné Mosca, Moscou, Moscul, Moncul ! Quoi qu’il en soit une mouche n’est pas de nature différente d’une autre mouche comme un muscle bandé est quasiment identique à un autre muscle bandé. Par ailleurs, le peintre-tueur lorsqu’il entreprend d’irriguer sa toile de sang, choisit toujours la reine Mosca comme guide ou interprète. C’est une question d’aspect continu et discontinu. Une question centrale de l’esthétique, une question de prise de vue. Et aussi une question de goût. Le sang a le goût du métal. Mais couchée sur le dos, une mouche a également ce même goût, proche du bois pétrifié (quand il est en mesure de s’aplatir comme elle le fait montrant son ventre noir au spectateur). Maintenant, peindre-tuer avec cette lucidité désaxée dans le même temps la Mosca et un muscle bandé est une preuve de virtuosité incomparable aux yeux de l’histoire. Qu’on imagine, un artiste, un gobelet à la main, à l’intérieur duquel un peu de peinture noire sèche.
Et qu’on imagine aussi une mouche en train de bander ses muscles afin de se préparer à la représentation la plus fidèle possible. On aura là toute l’histoire, et on la retiendra comme on retient les cris d’une femme devant la reine Mosca en train de pondre sur un morceau de viande fraîche qui traîne sur la table de l’atelier. Ce n’est pas tout. Rincée sous les aisselles, une mouche devient l’objet petit a le plus adéquat à l’image que l’on se fait de l’histoire. Et, qui plus est, on a là devant nous spectateurs privilégiés de l’art en train de naître, une histoire de tautologie retournée qui est à regarder comme on lit un palindrome de gauche à droite et de droite à gauche. Dans ce cas précis, EVE est l’idéal. Le rêve de toute mastication interne, grâce efficace et royale, suffocation et tapin de haut vol. On pourrait continuer, et sans doute, envisager le futur du peintre comme la trace du vol que l’on vient d’évoquer. Dans ce cas précis, la toile sera couverte et recouverte d’une couche de peinture noire, à l’imitation des œuvres de Soulages. Pratique impressionnante mais aussi rare que l’eau de senteur répandue sur le sol d’un sous-bois un après-midi d’été. En revanche, c’est avec cette eau de senteur que l’histoire fait son cours, de trous en trous, là précisément où Mosca vient dévorer ses œufs afin de perpétuer l’histoire de l’art perpétuel, œuf après œuf, et ce d’autant que chaque œuf correspond à un instant d’incarnation si cher à la peinture. Et si trouble à la fois. Qui se souvient de ce tableau peint par Mosca et que l’histoire a intitulé La mouche amour de la mouche peinte ? Personne ! De là vient le trouble. Le brouillage. La mémoire abolie. Et le désir d’incarnation qui clôt toute l’histoire de l’art. Dont je suis le nouvel apôtre et la mort en marche d’amour !