Rouge.
Un trait noir découpe l’horizon écarlate.
Cette démarcation entre le ciel et la terre est brutale, d’une perfection géométrique aberrante. Des montagnes se dessinent au loin, une esquisse se perdant dans la rougeur incandescente du paysage.
Un trait noir découpe l’horizon écarlate.
Cette démarcation entre le ciel et la terre est brutale, d’une perfection géométrique aberrante. Des montagnes se dessinent au loin, une esquisse se perdant dans la rougeur incandescente du paysage.
Sur ce fond rouge, des formes tordues s’arrachent du sol. Les vallées désertiques charrient du sable noir, tourbillonnant à la surface des dunes dans une envolée ténébreuse. Les silhouettes décharnées sont agenouillées, les bras en l’air, pétrifiés. Exprimant une grimace de douleur, leur bouche tordue hurle en silence. Les yeux voilés par la mort ne sont plus que des points blancs dans l’obscurité.
Il faut lever la tête, regarder leur crâne en forme de cône s’étirer vers le soleil pour le voir.
Le Dévoreur de Mondes.
Aešma-daeva.
L’Incarnation de la Colère.
La chose flotte dans les airs comme une sphère sanglante. Sa face anguleuse n’est qu’un masque de chairs rougeâtres, troué par des yeux aveugles. Figée dans une expression grotesque, un sourire étrange éventre sa gueule déformée. Et que dire de ce corps ? Une aberration. Halluciné par cette peau diaphane révélant la chair des muscles suintants, par ces tentacules innombrables aux formes absurdes.
Les membres poisseux ondulent jusqu'aux silhouettes obscures, tâtonnent dans le noir à la recherche de leur proie dans un chuintement abominable. Les bras de l’araignée s’agrippent aux chevilles, remontent le long des jambes pour s’accrocher fermement sur le haut du crâne. Le bruit de la chair qu’on déchire. Un craquement lugubre bourdonne à l’oreille.
« Celui qui fait périr » parasite les corps, consume la chair. Les tentacules rampent sous la peau. Ils se démultiplient. Arrachent tout sur leur passage.
Que reste-t-il ? Le vide.
Jadis, la pieuvre sinistre a été appelée sur cette planète. Un peuple d’Ombres cherchant à se débarrasser de la peur et de la tristesse, appelant de tous ses vœux la déité qui les délivrerait de leur Mal. Leurs prières furent entendues au-delà du cosmos, tirant le démon de son sommeil.
Un claquement humide, obscène. Une apparition.
Un magma informe jaillit des Cieux rougeoyants, s’étalant à travers l’espace comme une tache noire. L’absurde boule sanglante se gonfle dans les airs. L’astre d’un autre monde déploie ses membres à la surface de la terre pour en dévorer les hommes. Des cris effroyables résonnent dans le silence du désert.
Une rage délirante envahit le démon. Son cœur tambourine à une vitesse folle. L’afflux de douleur est indicible. Tous ses membres tremblent. Le visage grotesque s’ouvre dans une figure impossible. Une voix cosmique hurle. Le monde sombre dans la tourmente.
Un soleil s’écrase au milieu des dunes dans une déflagration fulgurante. L’explosion fait naître des colonnes de lave qui tourbillonnent dans le désert, ravageant les restes d’un peuple à l’agonie. L’atmosphère irrespirable est avalée par la fureur d’une tempête de feu.
« Le Souffle Ardent de Dieu » brille comme un soleil noir au milieu de l’Apocalypse.
Une détonation.
Un éclair de lumière aveuglant.
Le paysage est éclaboussé par des traînées d’ombres. Les couleurs vives sont pâles maintenant. Elles disparaissent, submergées par les ténèbres. Le monde s’effrite. Les morceaux s’envolent et se désagrègent dans l’espace.
Il ne reste rien du monde des Ombres.
Rien.
Si ce n’est le vide.
Ce vide intersidéral, constellé d’étoiles scintillantes, où flotte une boule absurde.
Le démon s’est endormi.
Mais dans l’obscurité du cosmos, une voix l’appelle.
Elle promet une éternité de souffrance.
« Celui qui fait périr » s’éveille dans le noir.
Il faut lever la tête, regarder leur crâne en forme de cône s’étirer vers le soleil pour le voir.
Le Dévoreur de Mondes.
Aešma-daeva.
L’Incarnation de la Colère.
La chose flotte dans les airs comme une sphère sanglante. Sa face anguleuse n’est qu’un masque de chairs rougeâtres, troué par des yeux aveugles. Figée dans une expression grotesque, un sourire étrange éventre sa gueule déformée. Et que dire de ce corps ? Une aberration. Halluciné par cette peau diaphane révélant la chair des muscles suintants, par ces tentacules innombrables aux formes absurdes.
Les membres poisseux ondulent jusqu'aux silhouettes obscures, tâtonnent dans le noir à la recherche de leur proie dans un chuintement abominable. Les bras de l’araignée s’agrippent aux chevilles, remontent le long des jambes pour s’accrocher fermement sur le haut du crâne. Le bruit de la chair qu’on déchire. Un craquement lugubre bourdonne à l’oreille.
« Celui qui fait périr » parasite les corps, consume la chair. Les tentacules rampent sous la peau. Ils se démultiplient. Arrachent tout sur leur passage.
Que reste-t-il ? Le vide.
Jadis, la pieuvre sinistre a été appelée sur cette planète. Un peuple d’Ombres cherchant à se débarrasser de la peur et de la tristesse, appelant de tous ses vœux la déité qui les délivrerait de leur Mal. Leurs prières furent entendues au-delà du cosmos, tirant le démon de son sommeil.
Un claquement humide, obscène. Une apparition.
Un magma informe jaillit des Cieux rougeoyants, s’étalant à travers l’espace comme une tache noire. L’absurde boule sanglante se gonfle dans les airs. L’astre d’un autre monde déploie ses membres à la surface de la terre pour en dévorer les hommes. Des cris effroyables résonnent dans le silence du désert.
Une rage délirante envahit le démon. Son cœur tambourine à une vitesse folle. L’afflux de douleur est indicible. Tous ses membres tremblent. Le visage grotesque s’ouvre dans une figure impossible. Une voix cosmique hurle. Le monde sombre dans la tourmente.
Un soleil s’écrase au milieu des dunes dans une déflagration fulgurante. L’explosion fait naître des colonnes de lave qui tourbillonnent dans le désert, ravageant les restes d’un peuple à l’agonie. L’atmosphère irrespirable est avalée par la fureur d’une tempête de feu.
« Le Souffle Ardent de Dieu » brille comme un soleil noir au milieu de l’Apocalypse.
Une détonation.
Un éclair de lumière aveuglant.
Le paysage est éclaboussé par des traînées d’ombres. Les couleurs vives sont pâles maintenant. Elles disparaissent, submergées par les ténèbres. Le monde s’effrite. Les morceaux s’envolent et se désagrègent dans l’espace.
Il ne reste rien du monde des Ombres.
Rien.
Si ce n’est le vide.
Ce vide intersidéral, constellé d’étoiles scintillantes, où flotte une boule absurde.
Le démon s’est endormi.
Mais dans l’obscurité du cosmos, une voix l’appelle.
Elle promet une éternité de souffrance.
« Celui qui fait périr » s’éveille dans le noir.