Virgin-Eau bénite, mais pas que

Le 15/03/2025
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par Lilly
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Parfois, on se demande pourquoi on fait ce boulot. Lire des montagnes de textes indigents, écrits avec les pieds, rédigés les cheveux dans le vent tout en haut de la falaise, parce que la poésie, la vraie, c'est celle qui se scande, qui exulte, et qui se lourde royalement. Puis, l'on se souvient que tout ceci n'est pas sérieux, que l'on est juste un bénévole amoureux des lettres au sens large et qu'il convient d'encourager les padawans, y compris le dernier de la portée, celui que l'on a bercé un peu trop près du mur à en croire le choix des métaphores, les formulations hasardeuses, la syntaxe yeeha tralala et l'orthographe aléatoire. Notre nouvelle autrice nous a gratifié de trois belles bouses qu'il convient ici de réunir pour gagner un peu de temps. On sent qu'il y a une intention, une forme de sincérité, et, ne boudons pas les petits plaisirs, une charge maladroite mais généreuse contre le catholicisme. Le troisième texte, plus sombre, nous ferait presque regretter qu'il ne soit mieux troussé.
Virgin-Eau bénite

A jeter de préférence à la face d’un prêtre sevré de sexe, juste comme ça…
Le principe est de parler à de l’eau, et c’est moi qui pense mal à part ça
Pour moi serviteur cela sera un virgin eau bénite
Les prêtres préfèrent les vierges avec ou sans bite

A consommer en référence à quoi ? Pourquoi ? Ils ne sont pas qualifiés…
A qui parle t-il ? Qui est fou ? Folie que de penser tu peux panser par ce procédé
Et c’est moi qu’il faut sauver ? Charognard agréé commence par toi !

Ça périme pas l’eau bénie ? Ils en pensent quoi les germes ?
Qui a peur des coups et rouste de ton Dieu d’amour ?
Ce serpent en proposant la pomme s’est mordu la queue

Comme les religions… Avec leurs seaux d’omis à consommer de près… les faits sont rance
Trop préoccupé à vouloir plaire, vous avez oublié la raison
Garçon, pour toi ça sera de la magie au goût virgin-anal eau de la bite !
S’catho lisse

Las des ligues dit amants dans ton con-fesse-anal
Qui tronque allègrement pour des besoins maritaux
Une bougie contre le plaisir inferno
Tu allèges ton âme flétrie avec des interdits car tu as l’aval

Là où certains excusent tes actes immondices
En te changeant de paroisse toi le s’catho lisse
As-tu envisagé le suivi acide pour tes crimes commis ?
Connu dans l’office, personne pour te gerber toi qui détruit

Ton paradis a le goût de l’enfer sur terre
Je veux sortir de ce carcan sectaire
Avec les étouffeurs de vérité et leurs potes imaginaires…

Devant les paroles libérées crèvent dans la prison délétère
Quand les victimes brillent d’une beauté libre d’un hier
Pour exister sereinement dans le temps éphémère

Le vieux à la fenêtre

Je ne respire plus, il m’observe par la fenêtre, le vieux ce porc
Je vais échapper à son regard à son être , il veut mon corps
Je suis figée par ce pervers glaçant, je dois disparaître, il est dehors
Je ne respire plus , il fait nuit, son regard à la fenêtre, il m’observe, il veut ma mort

Je ne respire plus, je suis clouée, il veut que je sois son jouet
S’échappée, il le faudrait, un joue-joue post-mortem, je suis coincée
Je vais le crever c’est lui ou moi, j’impose mon choix, ce vieux d’ où je le connais
Je ne respire plus, il veut me louer morte, ce vieux cloporte, assoiffé

Il est là, il a toujours été là, sa signature est mon trépas
Je ne peux pas crier, il est là, sortir d’ici par haut ou en bas
Il sera là, je veux lui crever, percer ses yeux de vieux, je suis las

Il est ce cauchemar récurrent étouffant teintant ces jours de sa noirceur
J’ai perd une notion de la réalité, je psychote me bouffant tout ma raison
Comment ne plus rêver ? Je suis prête à éteindre la machine à rêver, ne plus dormir et respirer !?